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etre une femme...

etre une femme...
Etre femme en prison...

Les problèmes rencontrés par les femmes en prison sont vastes et complexes. J'aborderai ce sujet en vous présentant quelques cas de figures concrets, les difficultés rencontrées et certaines solutions qui peuvent parfois paraître évidentes mais qui pour des raisons économiques, sociales ou culturelles peuvent difficilement être mises en application sur le terrain.
Les thèmes suivants seront étudiés : l'importance de la population carcérale féminine, la gravité des délits, la durée moyenne des peines, la santé et la grossesse en prison, les gardiens, mais il y a encore de nombreux sujets abordables dont l'identité féminine, la discrimination...


En analysant les statistiques de la population carcérale, nous remarquerons que les femmes représentent une minorité des détenus. Le taux de femmes incarcérées s'élève à plus ou moins 4% de la population carcérale en Belgique. Moins d'établissements leur sont destinés, ce qui n'épargne pas la surpopulation dans ces prisons pour femmes. La dispersion de ces lieux de détention augmentent l'éloignement de leur résidence ce qui les éloigne de leur proche et réduit automatiquement le nombre de visite et a un rôle direct sur leur santé psychique. Une solution à ce problème serait de créer des structures d'accueil plus petit et mieux répartis géographiquement. Tout ceci a un coût en démultipliant l'encadrement, l'infrastructure de coût que les belges et les politiques ne sont peut-être pas prêts a prendre en charge.

Un autre désavantage des femmes est lié au type même des délits commis, la plus grande partie des extractions se rapportent à la drogue à la complicité et à l'instinct de protection maternelle menant la personne à commettre des vols pour subvenir aux besoins de leurs enfants. Les femmes se retrouvent après jugement plongées dans un milieu dont les règles ont été établies pour la population la plus importante des détenus : 'les hommes' ! Sachant que cette dernière population est en général extrêmement violente, l'incarcération est d'autant plus pénible pour ces femmes qui se retrouvent punies disproportionnément par rapport à leurs méfaits. Afin d'atténuer cette différence il faudrait accorder aux femmes des facilités de semi-liberté ou de liberté surveillée et ne recourir à l'incarcération que pour des cas réellement graves. Sur ce point un nouveau débat peut être ouvert sur l'égalité des peines appliqués par la
justice entre les hommes et les femmes.

Toujours lié au type de délits mais étant la conséquence des durées de détention en moyenne assez courte, les activités spécifiques aux femmes sont rares ou complètement absentes. Très peu de programmes de formation sont établis et on retrouve malheureusement un accès au travail limité à leurs conditions et leur sexe soit du repassage, de la couture, la cuisine ou la petite manufacture. A quoi bon le militantisme féministe de ces dernières décennies, la prison nous maintient dans les stéréotypes d'il y a un siècle. Le problème ne se résout pas par une loi ou de bonnes résolutions, c'est notre société qu'il faut changer et ce type de changements ne s'effectue pas brutalement mais au rythme de la succession des générations.

Dans le milieu carcéral féminin, la santé est également au cour des préoccupations. En effet, cette population est surtout issue du milieu de la prostitution ou sévissent la drogue, l'alcool, les maladies sexuellement transmissibles et les troubles psychiatrique associés. En plus de ces problèmes interviennent régulièrement des grossesses et accouchements qui on l'imagine ne sont ni idéales pour les mères ni pour les enfants. Cette population est donc plus sensible et nécessite un suivi médical et psychologique proche et personnalisé, d'où une infrastructure plus importante!

Le dernier point que je désirerais aborder se rapporte aux abus, harcèlements et viols dont sont victimes les femmes incarcérées. Je doute que les statistiques sur le sujet soient réellement faibles! Ose-t-on porter plainte contre son gardien, quels seront ces mesures de rétorsion? En général, il faut 'subir' accepter sans se rebeller. Bien sûr, ces actes ne sont pas exclusivement dus aux gardiens mais existent également entre détenus. J'estime que pour éviter ces débordements, il faut privilégier l'encadrement des gardiens et donner aux gardiens ou gardiennes des formations régulières, des études de cas, en les mettant en situation critique, les faire bénéficier de suivis spécifiques et réguliers et d'avoir à disposition une cellule spéciale qui les soutienne.


Par les cinq cas de figures évoqués précédemment, il apparaît que la population féminine en milieu carcéral est fortement désavantagé et réellement vulnérable. Il est illusoire de croire que quelques lois auront raison de cet état. Voici les ingrédients qui vont permettre d'améliorer la situation des femmes en prison : une volonté politique forte, le changement du statut de la femme dans notre société malgré la soi-disante égalité entre homme et femmes, des moyens financiers et l'élément essentiel selon moi, la prévention.

Dissertation de Lecroart Marie-Laure


(photo du web)
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# Posté le mardi 25 avril 2006 18:07

Modifié le lundi 24 mars 2008 09:45

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